213 ème anniversaire de la bataille de Vertières !

La bataille de Vertières s’est déroulée le 18 novembre 1803. à Vertières, près du Cap-Français (actuellement Cap-Haïtien),  dans le nord de la colonie française de Saint-Domingue (aujourd’hui Haïti). Elle oppose les troupes de Bonaparte commandées par le général de Rochambeau à celles du général Jean-Jacques Dessalines, né esclave, chef de l’armée indigène indépendantiste. Ce fut la dernière bataille de l’énorme « Expédition de Saint-Domingue », qui avait pour mission (en application de la loi du 20 mai 1802) de rétablir dans cette colonie, mais aussi à la Martinique et à la Guadeloupe, l’esclavage aboli le 4 février 1794 par la Convention Nationale, avant d’aller assurer définitivement la possession de la Louisiane et créer en Amérique « la Nouvelle France ».

Le 18 novembre 1803, Dessalines ordonne de prendre le fort de Vertières, situé sur une colline à côté de la ville de Cap-Français, la capitale. François Capois dit Capois-la-Mort commandait une demi-brigade, en partie décimée par le tir des canons en provenance du fort. Il lance un nouvel assaut, mais ses hommes sont encore fauchés, au pied de la colline, par la mitraille. Capois court chercher des renforts, puis pour la troisième fois, il lance ses forces à l’assaut de ce fort. En vain. Nombre de ses soldats, une fois de plus, sont tués. Il tente un quatrième assaut, en criant aux survivants : « En avant ! En avant !». Il est à la tête de ses hommes quand son cheval, touché par un boulet de canon, tombe. Capois se relève, sort son épée et court se mettre à nouveau à la tête de ses soldats en criant toujours « En avant ! En avant !». Son bonnet garni de plumes, est emporté par le souffle d’un boulet. Il attaque encore. Rochambeau ordonne alors un cessez-le-feu et envoie un messager personnel à Capois-La-Mort. D’une voix très forte, ce cavalier proclame : «Le général Rochambeau envoie des compliments au général nègre qui vient de se couvrir de tant de gloire!». La bataille reprend ensuite, féroce.

Pour renforcer les bataillons épuisés de Capois-la-Mort, Dessalines envoie des renforts sous les ordres des généraux Gabart, Clervaux et Jean-Philippe Daut. Au milieu de l’après-midi, Gabart prend position sur la butte de Charrier avec Benjamin Noel. Les combats redoublent d’intensité. Le soir venu, les deux tiers des défenseurs français du fort sont morts ou blessés.

La surprenante résistance des troupes rebelles menées par Dessalines et la contribution de la 9e demi-brigade commandée par François Capois obligent Rochambeau à capituler. L’armée expéditionnaire de Bonaparte, décimée à Saint-Domingue, n’atteindra jamais la Louisiane. Le rôle capital de cette bataille dans l’histoire des deux continents est donc évident. Mais elle reste étrangement méconnue, notamment dans l’enseignement de l’histoire de France.

[Après sa défaite dans la guerre de Sept ans et le traité de Paris de 1763 et après celle de Vertières, la France abandonne le projet de la « Nouvelle France » en Amérique du Nord, au profit des plantations esclavagistes tropicales (à Saint-Domingue, à la Martinique, en Guadeloupe, dans la Guyane française et dans les Mascareignes), ayant fait le choix cohérent et ambitieux, assuré par Choiseul, d’être le fournisseur de l’Europe en denrées coloniales – sucre, café, indigo, tabac… – ce qui implique une traite négrière intensive. Ainsi se multiplient les expéditions triangulaires : 3289 entre 1713 et 1792 (1402 de Nantes, 423 de La Rochelle, 399 du Havre, 343 de Bordeaux, 214 de Saint-Malo…). La France n’abolira l’esclavage que le 4 mars 1848]

 

Le lendemain, 19 novembre 1803, au matin, un officier français, Duveyrier, désigné par Rochambeau, se rend aux sentinelles de Capois et est conduit au quartier général de l’armée haïtienne, tenant en laisse un magnifique cheval : «Le capitaine-général Rochambeau, déclare-t-il,  offre ce cheval comme une marque d’admiration à l’égard de l’«Achille noir» pour remplacer celui que l’armée française a le regret d’avoir tué». Les pourparlers avec Dessalines durent une journée entière. Mais avant la tombée de la nuit, un accord est signé. Rochambeau obtient un délai de dix jours pour évacuer le fort de Vertières, embarquer les restes de son armée et quitter Saint-Domingue.

Par l »‘Acte de l’Indépendance de la République d’Haïti« , lu par Dessalines aux Gonaïves, le 1er janvier 1804. L’île d’Haïti devient alors la première république noire au monde.

L’Empire, puis le Royaume de France refuse de reconnaitre le nouvel État. La France obtient même du « concert des nations civilisées » un blocus total de ce pays, sans cadres techniques, sans écoles, sans hôpitaux, sans débouchés pour les produits fabriqués par ces anciens esclaves devenus ouvriers : aucune coopération, aucune relation commerciale ou diplomatique avec ce pays – si mauvais exemple face aux peuples colonisés et aux esclaves du monde. Pour la levée de l’embargo, le roi Charles X réclame à Haïti, en 1826, une indemnité de cent cinquante millions (150.000.000) de francs or, pour réparer le préjudice constitué par l’injuste dépouillement des colons français de leurs esclaves et de leurs biens, toutes choses qu’ils avaient légalement achetées. En 1838, sous la Monarchie de Juillet, cette fameuse « dette de l’indépendance » sera allégée par le roi Louis-Philippe et ramenée à un montant qui équivaut à vingt-trois milliards d’euros actuels, versé intégralement à la France, capitaux et intérêts de retard réunis, jusqu’en 1945 !  Toute réflexion sur la pauvreté actuelle d’Haïti devrait donc tenir compte aussi de l’histoire.

Comment expliquer la victoire de Vertières? Certes, comme l’écrit un historien français, « les généraux haïtiens, noirs et mulâtres, qui ont guerroyé contre l’armée de Bonaparte, étaient pour la plupart des illettrés, ou même des analphabètes. Disons-le à leur gloire : ils avaient pourtant assimilé la tactique militaire occidentale. L’art de la stratégie leur était familier. Pour obtenir leurs grades dans l’armée française, ils avaient dû lutter contre anglais et espagnols qui avaient envahi Saint-Domingue. » Pourtant le poète haïtien Tertulien Guilbaud, en 1885, explique plutôt la victoire des esclaves révoltés de Saint-Domingue par la différence énorme entre les idéaux au nom desquels combattaient les héros des deux camps : la France de Bonaparte avait renié des missions typiquement françaises, dit-il, pour tenter d’imposer l’esclavage dont la perspective donnait à l’armée de libération l’énergie du désespoir. La meilleure armée du monde avait été battue par des va-nu-pieds en guenilles, dépourvus de fabriqurs d’armes et d’arsenaux, auxquels la Révolution Française avait appris à se sacrifier pour des idéaux de liberté, d’égalité et de fraternité, en chantant la Marseillaise. Voici la fin du poème de Tertulien Guilbaud :

Oh ! Oui, tes vieux soldats, ces géants intrépides

Que durent contempler du haut des Pyramides

Quarante siècles révolus,

Tes soldats endiablés, criblés comme des cibles,

Tes soldats invaincus, tes soldats invincibles,

France, nous les avons vaincus.

 

C’est qu’hélas, reniant leur mission sublime,

Ils étaient devenus les complices du crime,

Et que leurs vieux drapeaux portaient dans leurs plis noirs

L’Esclavage, qui fait naitre les désespoirs.

(…)

Notre victoire à nous, c’est encore la tienne.

Si devant nul assaut, l’armée haïtienne

Jamais ne recula ; s’ils eurent, nos guerriers,

Pour affronter l’horreur des canons meurtriers,

Ce dédain de la mort et cette audace fière,

C’est qu’ils savaient chanter la Marseillaise altière.

 

Ainsi, dans cette étrange guerre, ce n’était pas le corps expéditionnaire de Bonaparte, mais plutôt l’autre, cette noire cohorte de héros affamés, dignes et fiers, prêts à mourir pour que vive la devise combien française – liberté, égalité, fraternité – qui avait le visage de la France ; – pour parodier André Malraux (parlant des Résistants). Ils étaient admirables et indomptables : la France est si belle et si forte quand elle est fidèle à elle-même. (Extrait d’un discours prononcé le 10 mai 2012 sur le parvis des droits de l’Homme, Place de la République, à Lille, à l’occasion de la commémoration de l’esclavage et de ses abolitions)

Semaine de la commémoration de l’esclavage et de ses abolitions

Dix ans après la création de la journée nationale de commémoration de l’esclavage, notre semaine annuelle a choisi en 2016 le même thème et, notamment, celui des abolitions de la «Traite des Nègres» par la France. Ce programme est riche et varié: à Dunkerque, à Lille et à Seclin, du 7 au 15 mai prochains, expositions de posters, de livres, de peintures et d’artisanat haïtiens, ciné-débat et autres réunions citoyennes contradictoires, colloque, veillée selon la tradition haïtienne, animation musicale publique, concerts en salle, défilés de rue en musique, bal carnavalesque, conférence-débat…

De Préfète Duffaut et de Jean-Michel Basquiat à Levoy Exil et à Jonas Profil, de Jacques Roumain et de Jean Métellus à Dany Laferrière et à Yannick Lahens, la peinture et la littérature haïtiennes sont en place enviable dans les musées et les bibliothèques du monde, ainsi que dans la mémoire et le cœur des Français. Mais comme l’avait souligné Lyonel Trouillot dans «Le Monde» du 15 mai 2015, au lendemain du départ d’Haïti du président François Hollande, « il reste que, aux yeux de la majorité des Haïtiens, la France ne semble pas avoir fait la paix avec cette indépendance haïtienne acquise de haute lutte, avec la victoire d’une bande d’esclaves sur l’armée expéditionnaire levée par Bonaparte, et avec la réalisation concrète des principes de liberté et d’égalité entre les individus et les races  au tout début du XIXème siècle (…) Mais comment oublier ceux et celles qui nous ont aidés après le séisme de 2010! Comment ne pas entendre les voix des intellectuels qui, pendant la dictature, ont soutenu nos élans vers la liberté! Comment ne pas saluer le vœu de comprendre et d’aider, montré par des Français, fonctionnaires ou simples civils, vivant en Haïti. (…) C’est avec cette France-là que l’on voudrait causer (celle de Hugo, de Jaurès, de Sartre). Pour ce faire, il y a la coopération culturelle. Non pas seulement celle ouverte aux élites. Mais celle qui peut aller vers les masses. Celle qui peut amener les voix du monde aux enfants d’Haïti, et aider à faire entendre hors d’Haïti cette culture populaire, qui reste la mère nourricière des quelques artistes et écrivains qui font le tour du monde.»

Ainsi, les 11, 12 et 13 mai, une ‘bande à pied’  «Follow Jah» offrira aux Ch’tis de Seclin, de Lille et de Dunkerque quelques échantillons musicaux de cette culture populaire haïtienne méconnue.

L’accès aux événements de la « Semaine haïtienne 2016″ est libre et gratuit. Cependant, il est évident que la volonté de réunir les ressources financières nécessaires à la scolarisation de quatre cents enfants en Haïti, reste intacte et permanente. Cet objectif si digne d’intérêt et d’efforts, mais aussi le plaisir de découvrir et de contribuer à faire découvrir une autre culture,  inspireront certainement les membres et les proches de la communauté haïtienne du Nord et beaucoup d’autres Ch’tis, quant aux différentes manières d’exercer leur solidarité.

Evry Archer                                                                                                                                                                                                            

Président de la « Communauté Haïtienne du nord de la France »

Ci-dessous la programmation de la semaine de commémoration de l’esclavage et de ses abolitions.

Planning général de la semaine de commémoration de l’esclavage et de ses abolitions

programme du 12 mai

programme du 13 mai

programme du 15 mai

programme à Dunkerque

« Pharaon » de Bernard Verlynde

Le 24 novembre 2013, la Communauté haïtienne du nord de la France avait organisé à Lens – comme le 16 à Lille et le 23 à Seclin- une journée de réflexion et d’échanges consacrée, dans le cadre de la semaine de la solidarité internationale à « L’eau dans les pays en développement: l’exemple d’Haïti ».

Ce jour-là, l’association et ses invités étaient très impressionnés et agréablement surpris d’entendre Bernard Verlynde chanter l’une de ses oeuvres, un beau poème intitulé avec une subtile ironie, « Pharaon ».

Il a bien voulu accepter que nous vous le proposions.

Nous profitons de l’occasion pour le féliciter le remercier d’avoir investi dans le programme « Mamman bèf »

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Ouverture de la Semaine de la solidarité. Vingt cinquième anniversaire de l’association

Discours du président de la « Communauté Haïtienne du nord de la France« ,  le 17 – 11 – 12,  lors de la cérémonie marquant le 25ème anniversaire de l’association

 

Madame Bresson, adjointe au Maire,

chargée des relations internationales,

représentant Madame Aubry,

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

Chers amis,

 

Tout anniversaire incite à la rétrospective, sinon au bilan. L’association « Communauté Haïtienne s’y est souvent livrée, au terme de ce quart de siècle d’existence. Mais ce serait déraisonnable, et, de toutes manières, impossible d’en faire de même, ici et maintenant, en dix minutes. Ce que  tout membre de l’association  fera volontiers, j’en suis sûr, auprès  de  chacun  de  ceux qui vont s’y inscrire pour participer à la vie de notre communauté: Haïtien, ami d’Haïtiens et/ou d’Haïti, citoyen de France ou d’un autre pays, vivant par ici, et désireux d’être solidaire ou plus solidaire encore, de ce peuple tellement meurtri par des catastrophes, naturelles ou non, et si remarquablement courageux et inventif.

 

Je me contenterai ce soir, dans cette belle salle que la municipalité de Lille et Marie-Hélène Breen ont généreusement mis à notre disposition, d’une présentation sommaire de l’association: 1) un rappel laconique de ses objectifs – les mêmes depuis  sa création officielle en 1987 -, 2) quelques unes de ses principales réalisations, 3) une courte galerie de portraits dans ses archives… monumentales.

 

1.- Les quatre objectifs de la « Communauté Haïtienne » se lisent dans toutes nos plaquettes successives:

– regrouper les Haïtiens, leurs alliés et leurs amis, et les amis d’Haïti qui vivent dans le nord de la France: son caractère communautaire est l’une de ses spécificités parmi d’autres associations franco-haïtiennes;

– servir de liaison entre eux et le pays;

– faire connaitre Haïti, son histoire exceptionnelle, sa culture, son art, son savoir-vivre et son savoir-faire;

– aider des collectivités haïtiennes, selon leurs besoins et leurs choix.

 

2.- Rien qu’en 1987 la « Communauté Haïtienne » avait organisé trois dîners dansants payants (le 11 avril, le 4 juillet, et le 31 décembre), un colloque international, le 20 juin, consacré à la littérature antillaise, la tenue d’un stand à la braderie de Lille, une conférence sur le vodou haïtien le 3 octobre à l’Opéra de Lille, et l’envoi de deux containers d’objets divers en Haïti, par l’intermédiaire de « SOS-Enfants ». Voilà ce qui illustre les actions de l’association depuis lors. En effet, les années suivantes ne seront pas moins riches en activités, lesquelles sont devenues plus diversifiées encore: expositions-ventes de productions haïtiennes de littérature, d’art et d’artisanat, ciné-débats, concerts, stand au salon gastronomique annuel de Wavrin jusqu’en 2011, bals masqués, l’inoubliable évènement d’octobre 2008 à Wavrin  » Sous le soleil d’Haïti », « semaine haïtienne » annuelle au cinéma « L’univers », à Lille… etc.

 

Après de très nombreux envois d’objets très utiles vers des hôpitaux et des écoles haïtiens, l’association avait décidé au milieu des années 1990 de s’orienter plutôt vers l’appui de programmes sur place, en partenariat avec des relais locaux fiables, tout en renforçant le contrôle attentif nécessaire pour limiter les risques de dérives: aide à une école d’un célèbre bidonville de la banlieue de Port-au-Prince et à une autre de Jacmel, programme de micros-crédits en partenariat avec l’association haïtienne « Femmes débrouillardes », accompagnement d’une autre association locale près de Gros-Morne… etc.

 

Le terrible tremblement de terre du 12 janvier 2010 a beaucoup changé l’association: des actions nouvelles d’une beaucoup plus grande ampleur se sont imposées, en plus de toutes celles que nous avions tenu à maintenir. A l’autofinancement exclusif par ses propres activités et par les cotisations et les dons de ses membres se sont ajoutées des subventions des collectivités locales et régionales. D’abord subventions spontanées de la Communauté Urbaine de Lille, de la Mairie de Lille, du Conseil Régional Nord Pas-de-Calais et du Conseil Général du Nord, puis celles demandées par l’association – la première demande de son histoire datant de 2010! Aucune subvention directe auparavant, mais des aides techniques, assez nombreuses, obtenues pour l’organisation d’événements.

 

Aucun membre de l’association n’oubliera jamais que grâce à la générosité des chtis, trois avions payés au tarif normal à « Air-France » sont partis de Lesquin avec, en tout, vingt quatre tonnes d’objets reconnus utiles dans l’urgence: médicaments que deux pharmaciens bénévoles nous ont aidés pendant plusieurs semaines à trier, denrées alimentaires non périssables, fauteuils roulants, déambulateurs, béquilles, cannes anglaises, matériels médicaux divers, vêtements «basiques», tentes, ustensiles de cuisine etc..

 

Après la période d’urgence, les actions se sont poursuivies avec la même ténacité mais différemment. Elles durent encore… Parmi les projets actuels de l’association, la construction d’une école communautaire à Cabaret – Bois-au-Bée, près de Léogane, pouvant accueillir quatre cents élèves, est depuis quelques mois, l’une de nos principales priorités.

 

3.-Il ne me reste plus qu’à nommer les bustes de notre galerie de portraits. – et je prie d’ores et déjà ceux qui méritent d’être cités et qui ne le seront pas de bien vouloir me pardonner. Il s’agit d’abord des fondateurs dont un certain nombre sont restés fidèles à l’association et y ont encore des responsabilités: Lydie et Willy Kalulu, Chantal Stuckens, Elisabeth Dumont, Agata Sparacello, Martine et Reynold Jean, Joelle et Joseph Saint-Fleur, Annette et Joseph Massé, Michèle Jacquet, Christiane Duflos…  Il s’agit des membres de notre communauté décédés ici, dans le Nord: Yves Véricain, Rose-Marie Golvet, Frédérique Dubois. Il s’agit de ceux qui ont porté l’association sur les fonts baptismaux: Pierre Mauroy, bien entendu,  mais aussi les illustres participants au colloque de juin 1987 marquant sa création: Amos Coulanges qui nous était revenu vingt-cinq après, avec la grande Mimi Barthélémy, pour nous enchanter, avec le brio qu’on leur connaît, la soirée du 20 octobre dernier à la «Halle aux sucres», Henri Lopez, directeur adjoint de l’UNESCO, ancien ministre de la République du Congo, la romancière guadeloupéenne Hélène Migerel, l’écrivain haïtien Jean Métellus, le poète Edouard Maunick;  j’en passe, et des meilleurs, faute de temps… Il s’agit surtout de Martine Aubry que la communauté ne remerciera jamais assez, et de ses collaborateurs de la municipalité de Lille, de Bernard Davoine, ex-maire de Wavrin, et des autres personnalités de la Région qui nous ont accompagnés, plus ou moins longtemps au cours de ce quart de siècle, et que je remercie vraiment de tout cœur, au nom de l’association et surtout de ceux qu’elle a aidés.

 

Une pensée spéciale va à tous les membres de l’association, ceux du passé, mais aussi ceux du présent qui, tous, ont rendu possible cette longue histoire, dont le rappel ici, convenons-en, n’a pas la rigueur et la morosité d’un bilan, mais se veut une incitation à poursuivre. Avec le concours précieux de ceux qui vont nous rejoindre, et qui sont les bienvenus!

Aidons Haïti, reconstruction d’une école

Programme SOIREE_HAITI_5 Octobre12

La « Communauté Haïtienne », la Fédération française du Batiment »et le Lions club d’Armentières vous invitent à une soirée de culture, de témoignage et de mémoire

le vendredi 5 octobre à la salle paroissiale de Chocques (près de Béthune) à 20 h

Accueil dès 19 heures, possibilité de petite restauration payante, vente d’artisanat, de livres et de peintures

La France et Haïti, toute une histoire par Evry Archer

L’évolution de la perception du handicap en Haïti, suite au séisme par Fanel Benjamin

Témoignages sur l’évolution depuis le séisme: voyage en 2010, 2011, 2012 par F. et G. Hostalier

Retour au pays natal par Romy Jean-Michel

Témoignage sur le système éducatif avec l’aide de J. et C. Saint-Jour

Témoignage sur la construction de l’école de Tabarre par A. Hennebelle

L’impact des ONG en Haïti

Présentation du projet d’école à Cabaret – Bois-au-Bée par G. Hostalier

Video avec les partenaires de l’action: l’équipe nationale d’athlétisme et Christophe Cheval

 

Projet d’Ecole pour 400 élèves

La Communauté Haïtienne du Nord – Pas-de-Calais, associée à la section régionale de la Fédération Française du Bâtiment, aux Lions’ clubs d’Armentières et de Port-au-Prince, à l’Union des Jeunes Frères de Cabaret – Bois-au-Bée (Haïti), et à la Chambre Franco-Haïtienne de Commerce et d’Industrie de Port-au-Prince, veut construire et équiper une école pouvant accueillir quatre cents élèves. Les travaux seront exécutés par de la main d’œuvre locale, encadrée par une entreprise de stature internationale, capable de réaliser correctement et dans des délais normaux les plans dressés par le Bureau d’Études guyanais SODETEC, préconisant des techniques adaptées aux conditions sismiques et cycloniques locales. Le budget de l’opération est de deux cent mille dollars américains (U.S. 200.000), soit cent cinquante mille euros (150.000 €). Cliquez sur l’image ci-dessous pour télécharger l’invitation à la manifestation du 13 janvier à la Gare Saint Sauveur de Lille.

Azor

Hommage à Azor (1965 – 2011)

Né á Port-au-Prince le 19 juin 1965, d’une famille dont le tambour est l’instrument culte, Azor, dès son jeune âge, est initié au bandjo et au tambour. Elevé dans les quartiers de Saint-Martin et du Bel-Air, Azor a, toute son enfance, fréquenté le sanctuaire vodou communément appelé Lakou Créquel. Très tôt, pour gagner sa vie, il travaille comme tambourineur à Lakou Créquel et prête ses services á d’autres péristyles de la même région.
Notons que ces lieux de culte ont pour tradition de produire sans aucun support institutionnel des musiciens de haut niveau comme Armando Keslin, Jean-Claude Créquel, fils de houngan bien connus de la région, Lucien Créquel et Emmanuel Keslin. Durant la décennie 80, Azor débute dans la musique avec le troubadour Ti Okap. Voulant suivre la trace de ses aînés, il donne ses services á des formations Compas : Choupalou Combo, SS One, Scorpio d’Haïti. De 1981 à 1989, Azor joue comme tambourineur dans la Troupe Bacoulou de Odette Wiener. En 1990, Azor acquiert sa côte de popularité au sein de la formation Rasin Kanga de Wawa. Engagé comme tambourineur, Azor s’accompagne de la voix. Sa tonalité forte alliée á sa puissance de jeu ne tardent pas à faire la conquête du public. En 1993, invité par l’Ambassadeur Marcel Duret, il part en tournée au Japon où il joue avec Beethova Obas et Eddy Prophète. En 1994, ce fut la rupture entre les deux samba, Azor et Wawa. Azor se détache de Rasin Kanga pour créer Rasin Mapou. C’est à partir de la création de son propre groupe qu’il a pu atteindre sa dimension réelle. Tandis que Rasin Mapou se déploie avec un sens de théâtralité sans jamais tomber dans le folklorisme, Azor consolide ses acquis en tant que percussionniste hors pair avec une qualité vocale d’une pureté et d’une force jamais égalée. On s’étonne encore de l’indépendance de la voix par rapport á la frappe du tambour et vice et versa. Autant de caractère d’un côté comme de l’autre. Azor a su intégrer à son jeu des sonorités nouvelles et enrichir la musique populaire haïtienne des apports d’autres cultures. Un public curieux attend impatiemment le mot des musicologues sur la contribution de ce musicien-phare, légende du tambour et de la voix, au patrimoine musical haïtien.

Source : www.collectif2004images.org